La parole à … Isabelle
Depuis mai 2007, une infirmière tabacologue exerce au Centre hospitalier de Rouffach. Elle nous explique son parcours et ses missions.
Votre parcours ?
je suis rentrée au centre de formation de l’hôpital de Rouffach il y a 20 ans. Je suis donc ISP: INFIRMIÈRE DE SECTEUR PSYCHIATRIQUE.
Après les 3 ans de formation, j’ai été affectée au secteur IV. J’y ai travaillé jusqu’en 2007, d’abord en intra hospitalier, puis au retour de mon congé parental en extra hospitalier au CMP-CATTP de Pfastatt, puis à nouveau en intra hospitalier (11/2) en gérontopsychiatrie de 2004 à 2007.
Parrallèlement, j’étais toujours active au comité de prévention du tabagisme et j’ai préparé le DIU ( diplôme Inter universitaire de tabacologie et d’aide au sevrage tabagique ) que j’ai obtenu en juin 2006.
En mai 2007, l’hôpital a obtenu des financements pour la création de l’Unité de coordination de Tabacolgie et le poste d’infirmière tabacologue a été crée. L’ Unité de coordination de Tabacolgie est basée au plateau technique.
Je travaille en étroite collaboration avec Dr Claire Denis, médecin tabacologue des HCC vacataire au Centre hospitalier, avec le comité de prévention du tabagisme, les référents tabac et les médecins dans les unités de soin.
Votre rôle au sein de l’établissement ?
J’assure une mission transversale sur tout le centre hospitalier (intra et extra hospitalier) : information, formation, conseil et accompagnement des patients et du personnel soignant dans le cadre d’un sevrage, d’une réduction du risque ou d’une substitution.
J’ interviens au plateau technique (consultations ) , dans les unités de soins et dans les structures extra hospitalières.
avec le comité de prévention du tabagisme, nous menons uns réflexion quant à l’abord du fumeur à l’hôpital et l’organisation des soins, la substitution temporaire,et nous organisons annuellement une manifestation lors de la journée mondiale sans tabac. (aux alentours du 31 mai)
Votre objet familier lié à votre activité, et pourquoi celui-là ?
Je dirais que c ’est ma sacoche bleue qui est une véritable trousse à outils. Elle me sert quand je me déplace hors du plateau technique et contient des outils TCC, d’aide à la motivation, au sevrage et à la détente , des dossiers de consultation, des stylos, des substituts nicotiniques, des fiches conseils, mon agenda, des trucs pour s’occuper les mains , pour se distraire d’une envie de fumer…
Est-ce qu’il existait un métier équivalent au votre il y a 100 ans ? Si oui, lequel ?
Il n’existait pas de métier équivalent il y a 100 ans : on ne se préoccupait pas trop de l’addiction au tabac.
A l’hôpital de Rouffach, le tabac faisait partie du pécule, et l’achat et la distribution aux malades travailleurs étaient organisés par l’hôpital. Il pouvait servir de récompense, sa privation pouvait être une sanction (selon le rapport du groupe de travail sur l’histoire du centre hospitalier-synthèse par M.Bernard Guyot). On ignorait tout de la dépendance et des conséquences du tabagisme sur la santé.
La première grande étude épidémiologique sur le sujet date des années 1950 . Elle a été menée par Sir Richard Doll et a concerné 34000 médecins anglais de sexe masculin qui ont été interrogés tous les ans sur leur tabagisme, les maladies qu’ils avaient contractés. En cas de décès il obtenait des renseignements sur la cause du décès.
La première loi règlementant l’usage du tabac date de 1976 (loi Veil), puis fut promulguée la loi Evin en 1991, toujours en vigueur , complétée par le décret sur l’interdiction totale de fumer dans les lieux publics du 15 novembre 2006 dont la principale raison est la protection contre le tabagisme passif.
Le premier enseignement Universitaire de tabacologie et d’aide au sevrage tabagique fut proposé à Paris Ven 1986 par le professeur Molimard. Il y a actuellement environ 1000 consultations de tabacologie sur tout l’hexagone. on tend vers des unités d’addictologie qui prennent en compte toout forme d’addictions et pas seulement le tabac.
Comment envisages-tu ton métier dans 100 ans ?
C’est difficile de se projeter sur l’avenir. S’il a disparu ce sera peut être qu’ il n’y aura plus de fumeurs . Peut-être qu’on aura tout à fait d’autres pistes pour le traitement de la dépendance et de l’addiction.
J’espère simplement que mes successeurs n’oublient pas l’importance de la qualité d’écoute et du soutien. Optimiste de nature, je rêve à une société où les hommes n’ont pas besoin de tabac, ou d’autres substances psychoactives entraînant la dépendance, la précarité, l’isolement et des maladies, sans angoisses et sans stress, où chacun peut vivre en harmonie .







