La dépression : neurobiologie d’une maladie de l’esprit
Mercredi 18 mars 2009 à 20h
salle des fêtes du Centre hospitalier de Rouffach (27, rue du 4e RSM)
Intervenant : Dr Fabrice Duval, psychiatre responsable du pôle 8/9, Centre hospitalier de Rouffach
Conférence proposée dans le cadre de la 20e Semaine d’information sur la santé mentale, qui aura lieu du 16 au 21 mars 2009
Téléchargez la présentation du Dr Fabrice DUVAL de cette conférence
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) 340 millions d’individus sont déprimés. L’OMS considère que la dépression sera en 2020 au deuxième rang des maladies en termes de cause d’incapacité, juste après les maladies cardio-vasculaires (pour les pays développés), mais avant les cancers.
15 à 20 % de la population générale
La dépression « caractérisée » est une affection qui touche, à un moment donné au cours de la vie entière, 15 à 20 % de la population générale. Les différentes études réalisées en France montrent qu’environ 8 à 10 % de la population (fourchette variant de 5 à 15%) seraient touchés par un épisode dépressif au cours de l’année (ce qui représente environ 5 millions de français). Ces épisodes dépressifs sont le plus souvent d’intensité moyenne ou sévère. Les femmes ont deux fois plus de risque que les hommes de faire un épisode dépressif caractérisé dans l’année. Elles sont également plus exposées aux rechutes et à la chronicisation de la dépression.
L’âge de survenue du premier épisode de dépression apparaît de plus en plus tôt depuis les années 50 ; actuellement il est de 26 ans et 70% des déprimés ont moins de 40 ans. Le risque de décès par suicide est 10 fois plus élevé chez les patients déprimés que dans la population générale. L’intensité de l’idéation suicidaire est corrélée à la sévérité de l’épisode dépressif.
La moitié des déprimés sont reconnus
Malheureusement seulement la moitié des déprimés sont reconnus comme tels et bénéficient d’un traitement adapté.
Lorsque la dépression est d’intensité moyenne à sévère la prescription d’un traitement antidépresseur est nécessaire (à ce stade, la psychothérapie, utilisée seule, n’est plus suffisante pour obtenir une guérison/rémission en raison des importants remaniements neurobiologiques coexistant avec l’intensité de la symptomatologie clinique).
Quel traitement ?
Le traitement antidépresseur n’est pas étiologique (il ne traite pas la « cause » de la dépression), mais est curatif en instaurant un équilibre fonctionnel (« pharmacologique ») ciblant les dysrégulations des neuromédiateurs/neuromodulateurs cérébraux impliqués dans la biologie de la dépression (en particulier les systèmes sérotoninergique, noradrénergique et dopaminergique, ainsi que des neurohormones des axes corticotrope et thyroïdien).
Les antidépresseurs sont capables, moyennant un délai de quelques semaines (en moyenne 2-3) d’améliorer l’humeur dépressive et de soulager la souffrance morale. Les antidépresseurs sont en règle associés aux approches psychothérapeutiques qui demeurent essentielles.
La réponse à un traitement antidépresseur est déterminée par la neurobiologie de l’état dépressif. Cette neurobiologie est très hétérogène en fonction des dépressions et c’est ce qui explique pourquoi tel patient répondra à telle stratégie thérapeutique et tel autre à une autre.
Par conséquent mieux caractériser la neurobiologie des états dépressifs afin de rationaliser les choix thérapeutiques voire de générer des molécules antidépressives plus efficaces et ayant moins d’effets secondaires est un enjeu majeur en santé mentale.
Dr Fabrice DUVAL








